dissabte 27 de novembre de 2010

tornar?

L’ANELL

Feia…36 anys que es coneixien. Van tripar junts el viatge de les comunes, ara a Llàstichs, ara Regomir, ara Mercat Nou. Després vingueren el cavall, la dispersió, els yupis, els morts. Fa trenta sis anys ell tenia divuit primaveres i grans a la cara. Ara en fa 24 que és porter d’institut, a mitja jornada. Ella en tenia dinou, tots d’energia. També fa molts anys que treballa en una companyia d’assegurances. Eren molt amics, tant que es van fer germans de sang, i es van jurar fidelitat, tant que van fer l’amor en un breu parèntesi de les seves vides, anys després, fa molts anys. Tant que quan es retrobaren, l’any passat, en un concert de velles glòries maleïdes de la ciutat, semblava que no hagués passat el temps, ella s’havia aprimat, ell criava panxa, quatre arrugues, molta història. Es van donar petons, abraçades i els telèfons.

I ara ell baixava de la muntanya per anar al psiquiatra, perquè estava depre. I tenia la tarda lliure i repassa els pocs contactes que li queden a la ciutat. I la tria a ella, i la truca. El demés va fluir. Es veieren en un cafè. Després, les passes i les històries de tants anys els dugueren vora mar. Caminaven en la franja de ningú, entre la terra i l’aigua. Ell veu una anella a la sorra i la recull, una anella rovellada i la torna a llençar. Ella troba un anell, gros, d’argent picat, com un cilindre de mar sota la lluna. I se’l posa al dit. “Mira que he trobat!” “Ostres! és d’argent!” i segueixen abraçats riba enllà. Llavors s’aturen i es despullen i s’acaronen en l’arena calenta, i ella li posa l’anell al dit. Ja s’han casat. Se’n van a l’aigua i els cossos llisquen l’un damunt l’altre, com els dofins. S’estimen. Tornen a jeure i ell nota una mancança. L’anell ha tornat al mar. Neptú els hi havia deixat per la cerimònia, però, tot just conclosa, una nereida la torna al seu amo.

Ella l’acompanyà a l’estació. Ell se’n tornà cap a la muntanya, però baixà el cap de setmana següent, i consumaren el matrimoni. Es despatxaren a gust i així, pujant a muntanya, baixant a mar, foren feliços i menjaren anissos, sota l’auspici de tota la cort de Posseidó.

dimecres 3 de juny de 2009

Sidi-Ifni




J'arrivais à Sidi-Ifni et, dés les villages des environs, tous le monde était aux bords de la route, comme s'ils attendaient un Messie: le gouvernement avait libéré un activiste qui luttait pour les Droits de l'Homme (et de la Femme) , la Démocracie, pour l'Autonomie du Peuple Saharaui, un grand peuple.









Elles s'appuient les unes aux autres, elles s'aident, elles sont pleines de couleurs et d'espérance



Tout le monde allait vers un grand rassemblement


Elles sont très islamiques, mais elles sont aussi saharauis et, orgueuilleuses, elles montrent leurs visages (si tu fais la photo en cachette)








Elles sont pleines de couleurs









C'est le simbole d'un ancien et absurde pouvoir, cause de carnages inouïs. Des anciennes structures minières abandonnées, aux bords d'un port ensablé, ou les pêcheurs ne peuvent sortir que dans des petites barques, au pèril de leur vie. Toujours des victimes



Une vieille drague rouille, amarrée au quai



mort et renaissance

LE CHEMIN DU MILIEU

Je me perds dans l’absolu. Depuis presque un an déjà, je ne sais plus ou je vais, nulle part, le but du voyage, plus de désirs ni d’ambitions. C’est jolie, c’est vide et calme, mais ce n’est pas humain, terrible quelques fois, sans la protection des plus hauts. Je fis un long voyage, comme un fantôme dans un pays aride. Je connus beaucoup de bonnes gents qui voulaient aller là ou je revenais, abandonner le trésor, rentrer dans le cauchemar. Plus ici, plus là-bas, nulle part, les jours s’éfilent comme les hommes, comme un rosaire qui revient au début, avant la naissance, pour recommencer toujours. Ici je retrouvais l’ancienne sagesse, les textes des maîtres sacrés et, petit à petit, un Jordi mourrait pour en faire renaître un autre, un peu plus loin, sur les mêmes pas. Il faut que je revienne, ne pas rester dans le néant, parcequ’il faut casser le cercle, accepter ma condition, vivre avec joie le cauchemar, qui se transforme en beau rêve, en quête de libération définitive, pour moi et pour tout les êtres vivants. Plus loin j’espère, si l’esprit porte mon corps affaibli, hors du Lycée ou j’ai passé les après-midis des dernières 20 années, sûrement dans un autre, comme surveillant aussi, peut-être comme professeur, le même mais différent, rennoncer à mes désirs. Plus loin, hors du Paradis où j’ai vécu le plus clair de mon temps, les matins des jours heureux, les jours de fête, à travailler comme un âne avec la Terre, où mes enfants ont grandi, où restent ensevelis mais fausses éspérances, mes passions, mes amours charnels, mes grandes erreurs, mes fautes. De ce grand cimetière de solitude je veux renaître, revenir avec les hommes et les femmes, pour continuer de purger la paradoxe, pour recevoir et transmettre le plus haut bonheur, tant que possible, pour arriver à partir, si Dieu le veut, pour toujours, dans la vie éternelle. Ainsi soit-il.

diumenge 10 de maig de 2009

La complainte de Tislit et Isli

Chers amis, chère famille, chère Caroline, chers tous qui me lisez, laissez-moi vous raconter la triste histoire de deux amants qui me fut contée par les amzighn d'Imichil, ville du Haut Atlas qui maintient en leur honneur la fête de l'amour, renouvelé chaque année à la fin du mois d'âout, quand les jeunes femmes et les jeunes hommes en âge de se marier de toutes les montagnes des environs, et même de plus loin, des plaines dominés par les Alaouites, de la lointaine Europe qui sombre dans le cauchemar de sa propre ambition, tous, jeunes et pas si jeunes vont chercher là-bas leurs âmes jumelles, pour s'unir en mariage l'année d'après. Ses amants qui firent naître la traditon s'aimèrent et s'aiment encore par dessus le temps et l'espace, ils s'aimèrent par dessus les hommes et les femmes, par dessus leurs familles et leurs raison et la passion, s'aimèrent par dessus les dieux, tant qu'ils éveillèrent leur terrible jalousie, jusqu'au jour malheureux ou ils furent séparés et convertis en lacs par un de ces dieux fourbes qui campent les cieux. Depuis, leurs larmes abreuvent les bêtes et les hommes de ce monde desséché. Priez pour eux, pour que la flamme de leur amour ne s'éteigne jamais car ce jour le monde sombrerait dans les ténèbres pour une éternité.

Isli


Tislit


dimarts 21 d’abril de 2009